Beyrouth ou mon éveil à l’érotisme de Sheryn Kay

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Auteure : Sheryn Kay

Editeur : Hugo Roman

Collection : Blanche

Nombre de pages : 249

Prix : 16,95€

Genre : Erotisme, Autobiographie

 

 

Résumé RetV2

 

Née au Liban peu avant la guerre de 1975, Victoria était destinée à devenir une de ces demoiselles à qui on enseigne la pudeur et la vertu, les convenances et le dévouement à son époux. Cependant, son éducation a pris des chemins de traverse…
De Beyrouth à Paris et Milan, Victoria découvre son corps, la sensualité et le plaisir malgré le poids de la famille, de la culture, de la religion. Libre et audacieuse, elle goûte aux joies
de l’amour dans une société qui nie la sexualité des femmes.
Ce livre, c’est le récit joyeux et sensuel de ses rêves de jeune fille devenue femme, de ses fantasmes et de ses expériences amoureuses ; un voyage à la découverte de soi et de l’autre.
Ce livre, c’est son éducation sentimentale et érotique, son armure, son confessionnal, sa fierté de femme.

 

Mon avis VetR 2

 

Je tiens à remercier les Éditions Hugo Roman pour l’envoi de ce livre.

 

« Ce livre, c’est le récit de mes fantasmes et de mes expériences amoureuses ; un voyage à la découverte de soi et de l’autre. C’est mon éducation sentimentale, mon confessionnal, et ma fierté de femme ».  Sheryn Kay

 

Avant ce mois-ci, je n’avais jamais lu de livre de la Collection Blanche de cette maison d’édition, tout simplement parce que j’aime la romance et pas l’érotisme. J’avais entendu des avis mitigés voire même des propos assassins sur certains livres et je dois avouer que j’ai pris peur. Dans une romance, le côté sexuel ne me dérange, il peut même apporter une petite touche de romantisme supplémentaire que n’ai pas pour me déplaire.  Mais un livre entièrement sexuel, sans histoire ou trame de fond, ne me convient pas.
Pourtant quand Beyrouth est sorti, ma curiosité a pris le pas sur mon aversion pour l’érotisme.
Pour la petite histoire, ma belle-mère est libanaise et nous parle tout le temps de son pays, de ses origines et de son histoire. J’y suis allée et je suis tombée amoureuse de cette petite citée ravagée par la guerre mais pourtant si fière d’être toujours debout. J’étais intriguée par cette femme qui a eu le courage d’écrire sur un sujet aussi épineux dans un pays pas si tolérant. Je me suis laissée porter par son histoire et j’ai adoré.

 

L’auteure commence son récit au commencement, quand elle était toute jeune, encore innocente. La guerre a éclaté au Liban alors qu’elle n’était encore qu’une petite fille. Elle laisse de côté les comment et les pourquoi et nous raconte l’histoire de son point de vue, celui d’une fillette qui ne comprenait pas vraiment pourquoi les hommes se faisaient la guerre mais qui surtout n’en avait pas grand-chose à faire du moment qu’elle et sa famille restaient vivant ! Malgré les bombardements, sa famille essayait de vivre le plus normalement possible, les enfants allaient à l’école et le père allait travailler. Mais quand la guerre rendait impossible tout déplacement, elle se regroupait avec les siens dans un endroit sûr, attendant encore et encore de pouvoir reprendre une vie normale.
Entourée de frères, elle a toujours été un garçon manqué, jouant à la bagarre et trainant dans la boue toute la journée. Ce n’est que bien plus tard, quand la puberté est arrivée, qu’elle s’est « rendue compte » de sa féminité. C’est à ce moment-là que son désir d’apprendre à connaître le monde qui l’entourait est apparu. Son père l’a toujours encouragé à vivre pleinement, à découvrir et apprendre de manière réfléchie mais libérée. Alors elle a construit ses propres expériences, appris à aimer, à avoir du plaisir et à en donner. Elle a appris à connaître son corps, ses limites, ses talents et ses faiblesses, le tout dans le respect et la dignité. Quand elle a été en âge de pouvoir le faire, elle a quitté le Beyrouth pour Paris, où elle a continué son exploration. Puis de Paris, elle s’est envolée vers Milan et à continuer sa découverte du monde.

 

Je pense qu’il faut beaucoup de courage pour écrire un livre de cette ampleur, pour parler aussi librement d’un sujet aussi personnel. Pourtant, l’auteure a réussi cet exploit avec brio. Je n’ai jamais eu l’impression d’être mal à l’aise ou étouffée par ses propos. Au contraire, ses mots glissaient et s’accompagnaient les uns les autres. Tout était parfaitement à sa place, sans fausses notes, sans outrance. Ce livre n’est que le récit d’une vie faite de passions et de découvertes. Il n’y a ni jugement ni condamnation à faire. Il faut le prendre comme argent comptant, pour ce qu’il est. Pour cette auteure qui a eu le courage de braver les interdits de son pays, de se libérer du carcan parfois trop pesant de la sexualité et de partir à la découverte du plaisir sans arrière-pensée.

 

La plume de l’auteure est exactement à l’image du Liban. Tout est lyrique, comme une chanson ou un poème. Les mots les plus cru ont résonné à mes oreilles comme une mélodie. L’écriture est sensuelle et érotique mais aussi très touchante. L’auteure est libre à l’image de ses mots. Je me suis laissée entrainer dans son monde sans aucune retenue. Parce que pour moi la vérité n’a pas de prix, je me suis attachée à cette femme qui a tout fait pour vivre libre et selon ses choix. Elle s’est émancipée de son pays d’origine pas très tolérant pour partir à la conquête de qui elle est vraiment, pour s’affranchir des barrières et pour vivre selon ses propres règles. J’ai adoré ce livre pour son authenticité, sa simplicité et surtout pour sa vérité.

 

La sexualité est un sujet parfois trop tabou. Peu de femmes en parle de façon si ouverte et décomplexée. Pourtant, pour un acte aussi naturel et commun, toutes les femmes devraient être capables d’en parler à la lumière, en se fichant du quand-dira-t-on et du regard désapprobateur des hommes.  Chaque femme devrait être capable de prendre sa sexualité en main, d’afficher au regard de tous sa différence et d’assumer pleinement qui elles sont. Sheryn Kay est pour moi un exemple à suivre, un modèle de courage et de bravoure qu’on devrait toutes suivre !

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